Seulement 2 colonies en milieu naturel en Vendée
Les deux seules colonies naturelles de goélands en Vendée se trouvent sur l’île d’Yeu et l’île du Pilier (au large de Noirmoutier).
Elles sont constituées de 3 espèces de Goélands :
- le Goéland marin,
- le Goéland brun,
- le Goéland argenté.
Ces 3 espèces, classées sur la liste rouge des Pays de la Loire, sont menacées ou quasi-menacées.
La LPO Vendée est régulièrement présente sur la côte sauvage de l’île d’Yeu pour partager ses connaissances et permettre à ceux qui le souhaitent d’observer ces colonies à travers la longue vue, tout en essayant de transmettre des messages afin de préserver ces espèces et de faire connaître les menaces pesant sur ces espèces.
En effet, plusieurs menaces pèsent sur ces oiseaux dont le dérangement lié aux activités ou à la présence humaines.
En période de reproduction, le dérangement force les adultes à abandonner les nids et rend ainsi les poussins vulnérables face aux fortes chaleurs, à la pluie et à la prédation.
Pour éviter ce dérangement préjudiciable, voici quelques conseils :

Gardez vos distances avec les oiseaux
Rester sur les sentiers et pistes cyclables balisés
Tenez vos chiens en laisse
Ne les nourrissez pas
La période de vigilance maximale s’étend pendant la période de nidification, entre le 1er mars et le 15 août.
Zoom sur les 3 espèces de Goélands
Goéland marin

Le plus grand des goélands !
Il est reconnaissable à ses pattes roses et son dos gris plomb.
Tendance nationale, régionale et départementale pour ces 3 espèces
Cliquez sur l’espèce qui vous intéresse pour en savoir plus
Son statut national est en préoccupation mineure et il est classé à l’échelle régionale en quasi-menacée. Sa population nationale est plutôt stable.
Sur l’Ile d’Yeu
Le Goéland marin, d’abord nicheur en très faible effectif dans les années 1980-1990 a vu sa population augmenter d’année en année : une dizaine de couples dans les années 2000 à une vingtaine dans les années 2010 pour atteindre 34 en 2025.
Sur l’Ile du Pilier
Il était présent en faible effectif (8 couples en 2000) puis a vu sa population augmenter de façon continue jusqu’en 2011 (29 couples) pour ensuite varier fortement entre les années 2015 et 2022 (minimum 31, maximum 72). La tendance actuelle de l’espèce sur l’îlot est considérée comme stable.
Le Goéland argenté est classé comme quasi-menacée en France et vulnérable à l’échelle des Pays de la Loire. En Vendée, sa population subit une forte baisse.
Sur l’Ile d’Yeu
En effet, sur l’île d’Yeu, le Goéland argenté, ayant bénéficié des décharges et autres activités anthropiques favorables à son développement, a longtemps été l’espèce la plus fréquente sur l’île d’Yeu. La bascule se produit au début des années 2010, dans un contexte de déclin fort de la population nationale. Sur l’île d’Yeu, le déclin est marqué au même moment et concomitant à la fermeture du centre d’enfouissement des déchets des Corbeaux sur l’île.
Sur l’Ile du Pilier
Le Goéland argenté, espèce la plus présente sur le Pilier, était présent en très fort effectif avec un pic à 1 182 couples en 2006. Ses effectifs ont ensuite décliné de plus de 50% jusqu’en 2011 avant de réaugmenter en 2015 (1 145 couples). Ensuite, les effectifs nicheurs n’ont cessé de chuter avec une diminution des effectifs de 75% entre 2015 et 2022.
Cette tendance est bien plus marquée que la tendance nationale de l’espèce et non retrouvée dans d’autres colonies proches.
Le Goéland brun suit la même tendance que le Goéland argenté. Il est classé à l’échelle nationale en préoccupation mineure sur la liste rouge et en vulnérable pour celle des Pays de la Loire.
Sur l’Ile d’Yeu
Dans les colonies naturelles vendéennes, le Goéland brun, d’abord limité à une cinquantaine de couples dans les années 1990, a vu sa population augmenter sur l’île d’Yeu. Il a aujourd’hui supplanté le Goéland argenté et est devenu l’espèce emblématique de la côte sauvage.
Cependant, entre 2010 et 2020, la population de Goéland brun a fortement décliné en France. Cette tendance n’est observée sur l’île d’Yeu que depuis 2019, où les effectifs ont commencé à diminuer d’année en année (sauf effet rebond de 2021).
Sur l’Ile du Pilier
Le Goéland brun, deuxième espèce de Goéland la plus présente sur l’île du Pilier (609 en 2006), suit la même tendance que le Goéland argenté présent sur site. Après une phase d’accroissement de la population nicheuse entre 2000 et 2006, un premier déclin intervient entre 2010 et 2011 (315 en 2011). Les effectifs remontent jusqu’en 2015 où 646 couples nicheurs sont notés.
Depuis, la colonie continue de s’effondrer sur le site pour atteindre 183 couples en 2022. De la même manière que pour le Goéland argenté, la tendance négative des populations de l’île du Pilier est bien plus marquée que la tendance nationale (-72% entre 2015 et 2022).
La mauvaise réputation des Goélands
« Les goélands sont-ils vraiment en train de disparaître ? J’en vois partout moi ! »
Il suffit de se balader sur les villes littorales pour apercevoir des Goélands, alors sont-ils vraiment en danger ?
Malgré ce que l’on peut penser, les populations de goélands ne sont pas en très bonne posture à l’heure actuelle.
Le Goéland argenté et le Goéland brun sont tous les deux classés vulnérables sur la liste rouge des espèces menacées des Pays de la Loire et leur population est en baisse notamment sur les colonies vendéennes naturelles.
Le Goéland marin, bien que plus stable, est classé en quasi-menacée sur la liste rouge des Pays de la Loire.
Les principales menaces sur les colonies de goélands
Ces 3 espèces de Goélands bien présentes sur notre littoral subissent de réelles menaces responsables de la décroissance de la population nationale. Parmi les menaces, les principales sont :
- La modification et réduction des milieux : l’urbanisation et la destruction des habitats côtiers sont responsables du déplacement des colonies de Goélands vers d’autres espaces. Avec de moins en moins d’espaces permettant de se reproduire, les colonies se rabattent sur d’autres sites, notamment en environnement urbain et peuvent se retrouver à nicher sur les toits de maisons ou d’immeubles de certaines villes côtières (Les Sables d’Olonne, Saint Gilles Croix de Vie).
- Les espèces introduites ou invasives (rats, chats…) : Ces espèces exercent directement une pression sur le succès reproducteur de la colonie en prédatant les œufs et les poussins directement au nid.
- Le dérangement anthropique : La fréquentation humaine sur les sites abritant les colonies d’oiseaux marins peut entraîner des conséquences sur leur succès reproducteur. En forçant les oiseaux à fuir les nids, cela rend les couvées vulnérables aux conditions météorologiques, prédateurs et écrasements.
Ces menaces peuvent amener les individus nicheurs à changer d’habitat de reproduction. Cela les pousse à quitter leurs rochers et falaises habituelles pour s’installer notamment sur des toits de maisons et d’immeubles sur des villes côtières ou bien encore à ne plus se reproduire…
Laissons les falaises et la côte sauvage aux Goélands… pour limiter le report de nidification en milieu urbain !
Zoom sur le dérangement lié à l’Homme
De plus, en dehors des périodes de reproduction, s’approcher d’un individu constitue tout de même une grosse dépense d’énergie et un stress important. Cela peut également interrompre une activité vitale pour lui (repos, alimentation…) et donc diminuer son espérance de vie.
Lorsque des promeneurs, avec ou sans chien, passent à proximité des colonies de goélands, cela peut avoir des impacts importants sur les individus et leurs couvées.
En période de reproduction, lorsqu’un adulte fuit un dérangement, il laisse alors les œufs ou les poussins vulnérables à toute intervention extérieure.
La couvée n’est plus protégée des conditions météorologiques (chaleur, froid, pluie, vent), ni des prédateurs (chats, chiens, rats) ou encore des potentiels écrasements non volontaires.
En dehors de la période de reproduction, s’approcher d’un individu constitue tout de même une grosse dépense d’énergie et un stress important. Cela peut également interrompre une activité vitale pour lui (repos, alimentation…) et donc diminuer son espérance de vie.

Nos actions pour les protéger
Des suivis
La LPO Vendée suit les populations insulaires de Goélands de très près (comptage, baguage, …)
Ce qui nous permet de vous donner les chiffres suivants :
- le Goéland marin : population nicheuse stable sur l’Ile d’Yeu -> 25 à 40 couples sur la période 2015-2024
- le Goéland brun : sur la période 2016 – 2025 : -33%
-> 400 à 650 couples - le Goéland argenté : sur la période 2016 – 2025 : -24%
-> 300 à 400 couples
Des actions de protection
La LPO Vendée engage des actions de protection des colonies de Goélands par la gestion et protection physique des sites de nidification, la limitation des prédateurs (rats…)
Des actions de sensibilisation
La LPO Vendée est régulièrement présente sur l’Ile d’Yeu pour sensibiliser les différents publics afin de réduire l’impact du dérangement sur les colonies de Goélands.
L’association s’est dotée d’un stand mobile en équipant un vélo que vous pouvez croiser sur l’Ile d’Yeu. N’hésitez pas à venir à notre rencontre pour échanger et poser vos questions sur les Goélands.
Nous vous proposons même un petit jeu en ligne, sous forme de quiz, pour tester vos connaissances
Partenaire
Le parc éolien construit par Éoliennes en mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier (EMYN), filiale d’Ocean Winds, a été mis en service en 2026.
Engagé dans une démarche de préservation de la biodiversité aux côtés de la LPO Vendée, EMYN met en place des mesures pour limiter l’impact du parc éolien en mer Yeu-Noirmoutier, notamment sur les colonies d’oiseaux marins nichant sur l’île d’Yeu.












